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Les vidéos matos de The Inspector Cluzo, pour comprendre de quelle façon ils peuvent sonner ainsi !

C'est ICI



FRENCH BASTARDS TOUR PART II
EPISODE 7
Date : Juin 2011
Location : France
Mode : Bastards


Et c'est reparti pour les reports de tournée de The Inspector Cluzo, une rubrique que nous essayons d'alimenter au fur et à mesure, dès que nous rentrons à la maison... photos, interviews, captations live, tout ce que vous avez manqué et tout ce que vous ne devrez pas manquer la prochaine fois!

28/05 Clermont-Ferrand (Fr) "Europavox Festival"
Allez le Stade Toulousain et le retour de la musique live en play-back !

04/06 Juvigny "Moissons Rock"
Championnat de la balance la plus longue du monde


10/06 Saint-Brieuc “Art Rock”
Le complexe du tramway, ou l’anti-Foncia festival

24/06 Evreux "Le Rock Dans Tout Ses Etats"
Rasez l’hippodrome et faites un stade de rugby


28/05 Clermont-Ferrand (Fr) "Europavox Festival"
Allez le Stade Toulousain et le retour de la musique live en play-back !


Le premier festival de l’été pour The Inspector Cluzo sera donc Europavox, à Clermont-Ferrand, chez notre ami Didier Veillault. Seul hic : nous arrivons le lendemain de la demi-finale jouée et perdue par l’ASM (le club de rugby de Clermont, champion de France en titre), balayée par le Stade Toulousain. Promis, on n’en parlera pas le soir du concert : autant, on aime bien embêter les gens dans certaines grandes villes où tout le monde s’en fout du rugby, autant l’Auvergne est une terre de rugby qui impose le respect. Alors même si on nous y encouragera toute la journée, on ne dira RIEN… et puis, ce ballon de rugby qui trône sur l’ampli guitare de TIC, sachez qu’il est dédicacé par Olivier Merle, Le Grand, joueur phare de l’ASM… donc respect !

Apparemment, Didier Veillault s’est fendu d’un « The Inspector Cluzo est un groupe à part, totalement barré et à ne vraiment pas rater » dans la presse du matin… le genre de phrase hyper médiatisée assez gênante et qui ne colle pas du tout la pression avant un concert, où tout le monde s’attend du coup à vous voir arriver en hélicoptère ou à ce que vous fassiez des sauts périlleux sur scène en guise d’intro. On regarde la prog, bon, ça va c’est cool, entre Aaron et Ben l’Oncle Soul, pas la peine de sortir l’hélico. On le garde pour Rock En Seine l’an prochain…

L'article de La Montagne

Avant le match Barça-Manchester, le grand Tom Pope nous propose une interview que tout le monde nous annonçait périlleuse, pour lui comme pour nous. Sujet : le rugby, parce que la musique, on s’en fout, ce n’est pas aussi intéressant. Stade Montois, ASM (qui avait perdu à Mont-de-Marsan il y a trois ans en arrivant un peu la fleur au fusil… Tom Pope évitera ce sujet très glissant), discussion très sympa. Tom Pope est très cool, et on vous recommande les interviews « so british » de cet anglais pur jus, regardez celle de Cali, elle est à se tordre de rire, et son groupe, les Elderberries, est excellent !

L'interview de Tom Pope pour Coope Of The Pope

Côté concert, l’attraction de la soirée est un groupe vêtu très bizarrement, avec un mec en joueur de tennis style Bjorn Borg et un autre torse nu qui montre ses jolis abdos et tape sur un fût. Le chapiteau est plein, on passe sur le côté de la scène, et là, surprise : pas de son. Etrange, pourtant les types ont l’air de jouer, et devant la scène, tout le monde est au taquet avec un gros son qui sort des enceintes. Magie ? Enquête de l’inspecteur Clouzeau (le vrai, pas les rockers montois) rondement menée : le magicien s’appelle en fait Pro Tools ! Et comme le bassiste de The Inspector Cluzo, c’est un fantôme. Plus sérieusement, il s’agit d’un logiciel très utile qui permet de créer des « boucles » ou des « bandes instrumentales » et de les déclencher ensuite le moment venu en appuyant sur un simple bouton, avant de faire semblant de maîtriser totalement votre sujet en live. Sans oublier bien sûr de faire une bonne diversion (en s’habillant en Bjorn Borg par exemple) pour attirer l’attention des gens ailleurs.

On est plutôt atterré, en ce moment, par le nombre de groupes (connus ou pas) qui jouent sur bandes. Ils appellent ça des « tracks » pour faire branché, mais ce n’est pas autre chose que du semi ou du quasi play-back : The Do, The Kills, les Ting Tings (sans doute les pires, rien n’est joué à part la batterie et la voix de la chanteuse, quadruplée de volume pour masquer la misère), on pourrait en citer des centaines, un vrai concours d’Air Guitar au final, d’Air Chant, d’Air Chœurs et d’Air Batterie… côté français, on est bien fourni aussi avec Jamaïca, Skip The Use et toute l’armada de la scène « electro-rock » française. Ce serait même plus rapide de citer ceux qui n’utilisent pas de « tracks », en fait. C’est le retour de la grande variété façon Champs Elysées Michel Drucker, avec le bon vieux play-back à l’ancienne !

Alors, attention, on n’est pas des intégristes de la musique, l’utilisation de tracks ne nous gênent pas, mais quand c’est bien utilisé, pour ce à quoi cela doit servir au départ, soit enrichir le son. Shaka Ponk par exemple le font très bien, ils jouent leur musique en live, et en plus fournissent une ornementation réussie grâce à l’utilisation des tracks, ce qui donne leur côté super moderne. A l’époque, les Fun Lovin Criminals le faisaient très bien aussi. Mais lorsque les tracks sont utilisés pour se substituer au jeu de scène et masquer beaucoup d’autres choses… on se demande vraiment comment sont fait leurs albums en studio. A un moment donné, les gars, il va falloir apprendre à jouer de son instrument pour faire de la musique. C’est comme au rugby, c’est bien de savoir faire des cadrages-débordements et des pas de l’oie, mais il faut plaquer l’adversaire aussi, même si ça fait mal !

Merci en tout cas à la Coopérative de Mai et à Didier pour son accueil… la place accordée à la découverte est assez surprenante dans ce festival où les têtes d’affiches sont pourtant très grand public. Comme quoi, c’est possible… comme disait l’autre, on attire les mouches avec du vinaigre, et après on envoie le Pomerol à ceux qui s’y connaissent !

PS : en réalité, on se prend plus pour du Madiran, du Tursan ou un bon St-Mont que pour du Pomerol, ça nous correspond mieux. On n’est pas des doryphores !


04/06 Juvigny "Moissons Rock"
Championnat de la balance la plus longue du monde




Chapitre 1

Balance la plus longue du monde : record battu. Luke champion !

Félicitations à Luke qui, durant quatre heures (vous avez bien lu) aura réussi en terre champenoise la prouesse de battre le record de France (et donc du monde, car les groupes français sont presque les seuls à faire de longues balances) de la balance la plus longue. Bravo à eux ! Nous avons été très impressionnés. Un grand spectacle (Libé et Télérama sont d’accord), la critique est unanime et les bobos applaudissent cette performance exceptionnelle. Si vous pouvez avoir des billets pour une balance de Luke, précipitez-vous !

Que peut-on bien régler pendant quatre heures ? Il s’agit en réalité de faire une vraie « résidence » sur place, histoire de faire chier tout le monde (les technos, l’organisation). Et si en plus vous ne dites bonjour à personne, c’est encore mieux, n’oublions pas que le but est d’impressionner les autres. Pour cela, on commence par faire diversion en montant le matériel juste avant midi (en lustrant bien le matos), avant de prétexter que c’est l’heure de manger, ce qui vous fait bien gagner une heure. On arrive ensuite un par un. Si on est guitariste, on peut devenir un des grands artisans de la victoire de notre équipe, car on a… des pédales ! Il faut les essayer toutes une par une, au cas où l’humidité de la pièce ou du camion aurait altéré les réglages faits aux petits oignons durant une belle résidence Fédurock, ces fameuses salles de catégorie A (enfin, eux le pensent, ne les contrarions pas). Ensuite, on envoie un peu d’Hendrix, histoire de faire genre un petit peu. C’est vrai que quand le soir venu, on fait une sorte de tribute à Noir Désir, on comprend le besoin de se défouler un peu en envoyant du Foxy Lady en vrille à la balance. Puis vient le grand moment : le chanteur qui fait une magnifique entrée, avec un très beau « on pourrait faire le chant, c’est quand même le plus important ? », sur un ton très sérieux. La classe, il n’y a pas à dire, le bordelais/doryphore dans toute sa splendeur, magnifique. Voilà comment on arrive à quatre heures de balance… bravo à Luke ! Vive le rock français !


On ne s'ennuie pas tant que ça à un concert de TIC...

Chapitre 2
Les Fatals Picards sont supers cons (donc super sympas, en langage de jeune)

Bien qu’ils aient un ou deux morceaux où ils jouent sur bandes (mais ils auront la politesse de s’en excuser, connaissant notre aversion pour le procédé), ce groupe fait vraiment du bien. On aime ou l’on n’aime pas, mais de tous les groupes français qui marchent et font de la chanson, c’est le seul que l’on ait rencontré cet été où les mecs ne se la pètent pas. Et gentils avec les organisateurs (c’est la deuxième fois qu’ils y allaient), avec ça. De bons musiciens et un bon show interactif où ils ne mâchent pas leurs mots, de la vraie « personnalité » : ils ne se cachent pas derrière leur tour-manager pour régler leurs problèmes, et gèrent leur carrière tous seuls ! Des champions de la troisième mi-temps, avec ça… bref, une super rencontre, si vous avez l’occasion d’aller les voir, ils valent le détour !


Et hop, un drapeau de la Gascogne planté en terre champenoise !

Chapitre 3
L’accueil à la champenoise

Que dire de l’accueil ? Ces bénévoles, amis de 15 ou 20 ans, ont décidé de monter ce festival après une expérience de tournée difficile à l’époque, qui leur aura permis de pointer du doigt toutes les façons de mal recevoir un groupe. Credo de la journée, donc : un groupe bien accueilli joue bien ! On mange donc sous les arbres avec eux et on prend une branlée au ping-pong (la fille d’un bénévole est genre championne régionale de ping-pong, pardon, de tennis de table, comme aurait dit Didier Bourdon). On tombe sur un type qui ressemble à Frank Zappa, vêtu d’un maillot de rugby du Stade Français… aïe, faute de goût, mais il est hyper sympa. La bouffe est généreuse et excellente (voir notre rubrique Tic/Maïté) et le champagne coule à flot… Jakez, ici aussi ils savent accueillir les gens ! Merci à ce festival d’exister, ça nous aura fait du bien, parmi la longue liste des festivals institutionnels de l’été, de retrouver un vrai « festival à l’ancienne » ! Merci à Laurent et à toute son équipe, les landais ne vous oublieront pas !


10/06 Saint-Brieuc “Art Rock”
Le complexe du tramway, ou l’anti-Foncia festival


Il n’y en a plus beaucoup de festivals qui se déroulent en plein centre ville. Il ne faut pas déranger le bobo. Mieux vaut faire des tramways partout, réduire les routes pour décourager les gens de venir dans le centre en utilisant les thématiques pseudo-écolos à l’occidentale, et remplacer les petits commerces agonisants par des agences Foncia et de banques. C’est drôlement mieux, les clients ne peuvent plus se rendre en ville, et on transforme les centre-villes français en « musées », comme partout dans le monde, en suivant le modèle anglo-saxon. Plein d’architectes vendent ces modèles à nos chers maires. C’est très pratique, qu’ils soient à Berlin ou à Barcelone, les ricains et les bobos se sentent chez eux. La neige et le soleil sont encore des éléments incontrôlables, mais on y arrivera d’ici vingt ans, avec une clim’ qui ne pollue pas (car on est « écolo »). Ils pourront circuler en ville sous une serre pour faire leur marché « bio » et acheter des tomates rouges en janvier. On y croisera sûrement des journalistes de Libé et de tous les médias parisiens, les hommes politiques, le Printemps de Bourges et tous les gens qui ont « réussi », on y parlera sur Facebook des derniers potins et de nos dernières réussites professionnelles. Il n’y aura plus de gens de couleurs ni même de paysans et de provinciaux autour de nous, ils sont censés avoir été foutu hors des centre-villes par la montée des prix du loyer. On se retrouvera entre bobo pour manger des tomates bio en écoutant France Bobo (pardon, France Info), en lisant Libé (il faut tout de même être un peu révolté sur le monde qui nous entoure) et en se marrant des rumeurs qui courent sur untel ou untel.


Grâce à notre amie la spéculation, les prix des loyers montent, tout le monde se retrouve en périphérie (aussi appelée « banlieue » si c’est pourri) en faisant le bonheur des constructeurs de maisons et des banques. On refile aisément aux gens des matériaux de merde hyper cher pour faire des murs qui se fissureront d’ici dix ans, et des emprunts sur 25 ans à des taux de +50% (ne jamais dire 3,75% - lorsque l’on emprunte 100.000 euros, on en rend 150.000 à la banque, c’est donc du 50%) pour une belle maison Phœnix à 35 kilomètres du centre-ville, voilà un bel investissement patrimonial, non ? C’est le « tous les français proprios » qui domine. En tout cas, les maires sont contents, ils peuvent annoncer des bilans équilibrés grâce à la vente de terrains fonciers sur des zones rurales et agricoles. Au final, à part les banques et les promoteurs, on ne voit pas trop qui est gagnant. Mais un beau tramway et un beau centre-ville pour les bobos, c’est plus important que tout, non ?

Ce qui fait la beauté de nos centre-villes, ce sont ces édifices construits par nos aïeux… on leur donnera quoi, à nos descendants ? De belles maisons Phœnix en ruine (il devrait rester deux murs) dans une banlieue, et surtout de belles banques et de belles agences Foncia installées dans le bel immeuble de papy. Notre génération est une génération de visionnaires, il n’y a pas à dire. Quant au tramway, quel bel héritage ! Il est fort possible que les générations futures nous disent un jour : « vous n'étiez pas un peu cons de faire des tramways comme dans les années 20 ? Si les vieux les avaient enlevés, c’est qu’il y avait une raison, non ? » Mais c’est un autre débat…


Bon, manque de pot, à Saint-Brieuc, il y a un festival, et des rues trop petites pour mettre le tramway. Art Rock fait vivre le centre-ville une bonne partie de l’année, un peu comme les fêtes de la Madeleine ici, les braderies et les carnavals du Nord ou la fête de la bière à Munich. C’est sympa à voir, ça joue partout dans les rues et c’est en plein centre-ville ! Le maire, du coup, est obligé de suivre et d’aider quel que soit son bord politique, tout le monde se mélange et c’est la fête. Très implanté dans le cœur de ville (la grande scène est en plein dans le centre), Art Rock est l’anti-Foncia festival. On en a vu d’autres, mais c’est bien quand même, continuez, bravo les gars ! Ce serait cool que les Transmusicales reviennent en ville, et que d’autres s’y mettent, ce serait un sacré contre-poids économique pour la vie des centre-villes et une bonne alternative au modèle proposé actuellement.

Après, Art Rock reste un festival urbain, et Saint-Brieuc, ce n’est pas si loin de Paris… c’est un peu bobo-land qui va en week-end en Bretagne pour se changer les idées. Du coup, notre concert dans un club à deux heures du matin est une photo assez hallucinante de la société française : des bobos au balcon qui finissent la soirée en buvant du champagne (oui, dans une salle de concert avec TIC qui joue en bas). Des professionnels éméchés, aigris et un peu fatigués, qui cherchent la bonne formule et la bonne critique pour épater leurs potes à l’apéro. Mais aussi des jeunes et des rockeurs trentenaires / quarantenaires prêts à en découdre au premier rang. Un étrange mélange, tout à fait à l’image de la société française.

Le premier groupe, c’est les Raveonettes, soit une grande gigue danoise qui sourit uniquement quand elle se brûle (c’est plus beau quand tu ne souris pas, c’est mieux pour les rides sur la longueur) et de jeunes danois en plein mimétisme anglo-saxons, coupes de cheveux impeccables, très jolies chaussures pointues, belle posture sur scène et dans les loges histoire de faire sérieux : soit, on ne dit bonjour à personne et on se comporte comme des rocks stars. Et puis surtout, il y a notre ami Pro Tools, des tracks pour faire du play-back pendant une heure et se trémousser en prenant des pauses lascives dignes d’un défilé Channel où Lagerfeld aurait annoncé « ce soir, faut être rock, ma chérie ». Bref, bizarre. Le gars de Libé écrira en tout cas qu’ils nous ont mis une branlée, mais c’est vrai que peu de temps auparavant, à Europavox, on lui avait dit sur scène qu’il était habillé comme un peigne-cul et que son journal était un torchon. Apparemment, il n’avait pas aimé le compliment et nous cassera partout car il est quelqu’un d’important maintenant, et on a très très peur, tellement plus personne ne lit cette presse. Suivront ensuite Is Tropical, même chose, et on leur a marché dessus aussi… mais aucune fierté à avoir, ils étaient en play-back. Ce qui nous intrigue plus, c’est leur public, avec leurs coupes de cheveux étranges, hyper réceptifs, écoutant religieusement les bandes… pendant qu’Arno du Run Ar Puns soufflait avec un air désespéré dès que la musique lui parvenait. Ce devait être l’Armagnac qui parlait, hein, Arno ?

Nous comprîmes que ce serait dur de faire l’unanimité ce soir-là, mais personne en France ne peut vraiment le faire aujourd’hui tant les divisions sont grandes entre les couches sociales. Notre choix (quel choix ?) fut vite fait, mission panzer et écrasement de bobos. On y a été à fond et on a bien rigolé en voyant les gens au balcon se noyer dans leurs bulles de champagne. Lire le commentaires des journaux bobos nous ont bien fait rire, on en a d’ailleurs posté un sur Facebook (celui de Libé) et les fans de TIC y ont répondu avec humour…

L'article d'Alter1fo

Fin du concert à quatre heures du mat, coup de fil de la prod pour nous dire que le bassiste de Brian Ferry, qui était en ville pour cause de concert, a vu le show et a adoré. Aïe… un bassiste qui aime ce qu’on fait, il faut qu’on y aille !

Merci Art Rock, on a bien rigolé… mais arrêtez de programmer des groupes qui jouent sur bandes, le gars de Libé va finir par aimer votre festival à la fin, et le soutien des bobos, ce n'est pas vendeur ! Mais c’est cool, mission accomplie pour vous : pas de tramway à Saint-Brieuc !

Une petite vidéo tournée par Le Télégramme de Brest


24/06 Evreux "Le Rock Dans Tout Ses Etats"
Rasez l’hippodrome et faites un stade de rugby


Il y a deux ans, l’accueil du public d’Evreux avait été pour nous un véritable révélateur en France, et nous avait donné l’envie de pousser plus en avant sur le marché français… si l’on est passé pas loin de chez vous cette année, c’est grâce à eux, en gros ! Une relation particulière s’est tissée avec ce public, à tel point que des fans nous amèneront des fromages locaux après notre concert ! En échange, on amène les Mates avec nous, comme aux Trans, et les drapeaux du Stade Montois sur scène.


Petit plateau de fromage après le concert !

Mais, retour en arrière, un peu plus tôt dans la semaine. Les cuivres Feal et Mols sont arrivés un peu en avance à Mont-de-Marsan pour bosser sur le nouvel album de TIC et enregistrer leurs parties : ils se font accueillir à grands coups de magret, foie gras, Madiran, Saint Mont, Armagnac… notre but est simple, leur faire prendre deux kilos en trois jours.

Débarque alors monsieur Kraemer, notre mixeur de studio et producteur d’album, qui joue de temps en temps des claviers avec nous dans les Mates, pour rigoler. Monsieur Kraemer est belgo-allemand. De l’Allemagne, il n’a pas gardé grand chose si ce n’est son pragmatisme hallucinant en studio ! Il s’est vite adapté à la Belgique et à son « anarchie intellectuelle » qui nous plait tant. La Belgique, ça nous rappelle nos conseils de classes du lycée, entre profs de l’Education Nationale : l’important, c’est de ne pas être d’accord avec son collègue et d’avoir un avis différent que l’on présente de façon argumenté et très intellectuel, sous peine de se rabaisser. L’esprit critique est la clé de voûte de l’Education Nationale et ça doit être un réflexe, ne surtout pas être d’accord avec les autres pour paraître plus intelligent. Et bien, si la Belgique wallonne finissait par être rattachée à la France, il faudrait TOUS les faire rentrer dans l’Education Nationale ! Pas besoin de passer l’IUFM, ils ont tous le niveau, et ils y amèneront indéniablement des forces vives, l’humour en plus ! Seul hic, adapté à une collectivité, c’est la merde… mais c’est un autre souci et on s’en fout. A quoi sert un gouvernement de toute façon aujourd’hui ? Elisons maire notre conseiller clientèle du Crédit Agricole, ce sera plus rapide. Et faisons président le directeur de chez Total, au moins on ira vite et bien.


Les Mates au grand complet, béret du Stade Montois sur la tête!

Arrivée ensuite de monsieur Chausson, le plus titi parigot des trois parisiens de la bande, mais qui comme monsieur Kraemer s’adaptera très vite aux valeurs gasconnes, soit on bouffe bien, et on boit bien, mais toujours de bonnes choses. Au menu, répétitions au Café Music (quand même un peu de travail), c’est toujours bizarre pour nous deux d’avoir des gars derrière nous qui font des trucs… Chausson, arrête de sauter partout en répét ! Repas tous les midis au Festin de Pierre à Mont2… si vous passez un jour à Mont de Marsan, allez y manger un menu à dix Euros avec une assiette énorme (et le type ne vous fait pas une salade de tomates, on est dans les Landes), du bon vin et un bon café, et si vous êtes cools, peut-être qu’ils vous amèneront un petit Armagnac pour la digestion. Le Festin de Pierre est à l’image de beaucoup de restaurants à Mont2, humble, bon et pas cher.



Comme le dit Michel « Maïkeul » Lacrouts, le père de Malcom, « pour mal manger et payer cher à Mont2, il faut être un peu con quand même ! ». Voilà, les répétitions tournent vite (contrairement à nous, les Mates sont de bons musiciens), et les journées se finissent en apéro au studio et en repas interminables.


Retour à Evreux pour le concert. Et bien, c’était énorme, et on fera une dédicace appuyée au club de rugby d’Evreux qui avait besoin de notre appui pour se faire construire un nouveau stade : « rasez l’hippodrome et faites un stade de rugby » sera notre slogan de campagne. Merci au public d’Evreux d’avoir été là si nombreux et de nous avoir permis de mettre une belle branlée à Razorlight. Hedi, faut arrêter de faire venir ces groupes anglais de 3ème zone, hors de prix et qui en plus se la pète, tout le monde n’est pas Muse ou Radiohead. Y’a plein de bons groupes en France et dans d’autres pays moins touristique, musicalement parlant, que l’Angleterre. Evreux, on se revoit très bientôt, et encore merci à Hedi et à toute l’équipe de ce festival, un des plus gros festivals indépendants de France et toujours là. La classe.

La rencontre entre le Stade Montois et l'AC Rugby Evreux !


On a eu l'occasion de faire une petite interview avec OUI FM (coming soon), et une autre avec la Férarock... sympas !



Et enfin, ce qu'en ont pensé les gens de Concert Live... qu'est-ce qu'on vous disait sur les Razorlight? :-)